Note d’intention

Après avoir collaboré à plusieurs reprises avec Naéma Boudoumi au sein de nos compagnies respectives,  j’ai pris conscience de l’harmonie évidente qui unissait nos univers artistiques et nous avons entrepris ensemble l’aventure de cette écriture à deux mains. Comme nous enseignons tous les deux auprès des enfants, elle dans les conservatoires d’art dramatique, moi dans les écoles publiques, nous avons mis notre inspiration et notre ambition à leur service. Nous souhaitons proposer aux jeunes spectateurs une histoire qui les concerne, dans un univers ludique qui invite au voyage.

Confrontés quotidiennement à la difficulté qu’ont beaucoup d’enfants à vivre ensemble et à communiquer sans railler ou faire appel à la violence verbale et physique, nous avons choisi de faire du langage le nœud de notre histoire. Après avoir dialogué avec nos élèves et les avoir guidés dans l’écriture narrative et théâtrale, nous sommes partis d’eux pour orienter nos exigences. Cette réflexion nous a menés à peindre des personnages imparfaits et souvent cocasses, dans lesquels ils peuvent retrouver leurs propres difficultés à comprendre le monde et à s’y intégrer.

A l’image des protagonistes de l’histoire, l’écriture est simple et directe. Je me suis particulièrement concentré sur l’identité langagière de chacun des personnages, le langage populaire et argotique des humains, tout droit sortis d’un vieux western, contrastant avec celui, plus soigné et érudit, des oiseaux gardiens de l’arbre. Ainsi Zaho découvre que chacun peut parler à sa façon et face à l’urgence des situations, il peut remettre en question le choix de son mutisme

Au-delà de son écriture, cette pièce se veut  une expérience visuelle et sonore offrant plusieurs niveaux de lecture afin de rendre la narration lisible par des spectateurs de tous âges. Elle mêle des formes telles que le Théâtre d’Ombres, pour illustrer les cauchemars de l’enfant  et évoquer le passé qu’il cache par son silence, le Théâtre de Marionnettes, inséré entre les branches du grand arbre qui trône sur la scène et d’où sortent les drôles de volatiles, mais aussi la danse ou les combats chorégraphiés. Mon parti-pris de mise en scène est de faire de ce spectacle un western décalé dans lequel les enfants se trouvent plongés, tout comme notre jeune héros. Dans le havre de verdure où se déroule l’histoire, l’imaginaire du Far West est amené par les costumes et les codes de jeu des comédiens, une ambiance musicale inspirée des westerns et une mise en abîme du décor devenant, grâce aux ombres et aux lumières, paysage d’Arizona.

Cette création ludique et colorée a avant tout pour objectif d’offrir aux enfants, à travers le rire et l’émerveillement, une véritable réflexion sur la difficulté de grandir dans un monde parfois étriqué où la différence n’a pas toujours sa place.

 Arnaud  DUPONT

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